JH (nov 08)
Voir les comptes rendus de Jacques pour L'analyste et de Michel pour Une histoire de fous et Faux coupable.
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Fils de Nicholas Katzenbach (qui fut ministre américain de la Justice sous Lyndon Johnson), John Katzenbach fait d'abord carrière comme journaliste judiciaire au Miami Herald (où il lia d'ailleurs connaissance avec Carl Hiaasen, un autre célèbre auteur de polars floridien). Il publie ensuite quelques polars assez classiques (romans de procédure policière et un thriller juridique) qui lui valent rapidement un certain succès aux États-Unis, principalement grâce aux adaptations cinématographiques qui ont rapidement suivi. La plus connue est Just Cause, en 1995, mettant en vedette Sean Connery.
Puis, sa carrière prend un virage et il produit quatre romans d'un tout autre calibre et d'une grande densité psychologique. En 2002, il écrit The Analyst (L'analyste - traduction en 2004) qui lui vaut un succès international majeur.
Sinon pour nous garantir, depuis ses derniers romans, une qualité et une originalité certaines, Katzenbach est imprévisible, refusant de s'enfermer dans un genre et encore moins dans une formule ou une série. Il semble vouloir réinventer la roue à chaque nouveau roman, explorant un nouvel angle ou un nouveau contexte. Il passe ainsi d'un crime en vase clos dans un camp de prisonniers durant la seconde guerre mondiale qui donne lieu à un procès hors normes (L'affaire du lieutenant Scott) à une histoire se déroulant dans un hôpital psychiatrique écrite par un des patients (Une histoire de fous). L'analyste, dont je vous parle ailleurs, est une magistrale histoire de suspense et de vengeance alors que son dernier roman (Faux coupable) est une histoire de harcèlement, dans la même veine que le précédent.
Même si ses intrigues sont bien ficelées, ce n'est pas l'élément qui domine chez Katzenbach. Ce qui l'intéresse, c'est la psychologie du criminel, les motivations, les ressorts psychologiques. Et les climats oppressants chers à Boileau-Narcejac. N'attendez pas le rythme haletant et les rebondissements incessants des thrillers. Et la narration comporte parfois des longueurs. Mais l'analyse psychologique est toujours soignée et les personnages ont une densité suffisante pour garder le lecteur accorché jusqu'à la fin.